… Mais la vie continue

A 85 ans, Bernard Pivot, le passeur de livres, le bouillonnant amateur de bonne vie et de beaujolais, fait paraître chez Albin Michel, en janvier un livre sur la vieillesse, la sienne, dont il parle au micro d’Augustin Trapenard sur France Inter.

Extrait de l’entretien :

Dans mon livre j’ai écrit : “”Heureux ceux qui baisent avec la régularité des vieux pratiquants. Ce verbe ‘baiser’ je l’écris, mais ne le prononce plus devant mes amis. Je dois dire qu’il leur déplaît, qu’il les incommode. “Faire l’amour” est l’expression adéquate. 

Certains préfèrent l’emploi d’expressions qui dévalorise l’acte sexuel, comme “faire la bête à deux dos”, “Connaître” au sens biblique, ou le solennel. “Accomplir l’acte de chair”. Le mieux, somme toute, est “honorer”. 

Il ne faut jamais s’arrêter de faire l’amour. S’arrête-on de boire, de manger, de parler, de lire, de marcher, de conduire ? Non ! Pourquoi donc s’arrêter de baiser ? 

Le paradoxe, explique-t-il, “c’est que quand vous êtes jeune, vous avez à long terme beaucoup de temps devant vous. Vous êtes impatients, et vous ne voulez pas perdre votre temps. Et aujourd’hui, alors que j’ai très peu de temps devant moi à court terme, j’ai tout mon temps.”